Visite du Directeur Général au niveau des réalisations du Projet AHA-ALG III E

Le devoir de suivi

Pour pallier aux méfaits de la sécheresse, d’importants programmes nationaux d’hydraulique villageoise, pastorale et agricole ont vu le jour dans la décennie 80-90 et ont permis de juguler tant bien que mal les conséquences des crises alimentaires comme celles de 1974, 1978 ou 1984, époques où la famine en Afrique faisait la une des Journaux Télévisés.

Contrairement aux idées reçues, nous observons qu’au cours des deux dernières décennies, l’agriculture et la paysannerie sahéliennes ont beaucoup progressé, produisant de plus en plus pour faire face au défi démographique.

Pour autant la politique agricole de nos pays, notamment de l’espace ALG, n’est pas exempte de critique. Un des principaux griefs que l’on peut lui adresser réside dans l’insuffisance de suivi au niveau des réalisations et de l’encadrement  des exploitants ruraux.

En effet, il ne suffit pas simplement à nos pays et leurs partenaires, de réaliser, à coups de plusieurs milliards, des infrastructures de développement pour nos populations rurales et, une fois la réception définitive faite, s’en détourner, laissant le soin à des exploitants ruraux inexpérimentés pour s’en occuper tant bien que mal.

Cette démarche, perceptible au niveau de plusieurs ouvrages et réalisations hydro-Sylvo-agricoles et pastoraux dans la région du Liptako-Gourma, est-elle propice au progrès et à la promotion du développement dans nos pays ?

La mission entreprise du 7 au 11 août 2017, par le Directeur Général de l’ALG, M. Saidou OUA à la tête d’une importante délégation, composée des membres de la cellule de gestion du projet ALG III E et des techniciens et cadres de la Direction générale de l’ALG, au niveau des réalisations dudit  projet,  répond par la négative à cette question..

Cette visite sur le terrain a permis au Directeur général et sa suite d’assurer un « suivi post clôture » du projet, de connaître avec précision la nature et le niveau d’exécution physique et financière des réalisations entreprises et de mieux apprécier le niveau et la portée des activités qui s’y déroulent  ainsi que leur impact sur les ménages et l’économie de la région. Il s’agit pour la Direction Générale de l’ALG de capitaliser ces acquis du projet au Burkina Faso pour élaborer un programme régional au niveau des trois Etats membres de l’ALG.

Le projet ALG III E au Burkina Faso fait partie d’un programme plus vaste, dit « Programme d’hydraulique villageoise, pastorale et agricole de l’ALG » et qui a été élaboré et dont la mise en œuvre a démarré en 1987 pour répondre au triple souci de satisfaire les besoins en eau sans cesse grandissants d’une population en forte expansion ; de valoriser les ressources agro-pastorales et d’atténuer les effets néfastes de la sécheresse. Ce programme est scindé en trois (3) volets nationaux (Burkina, Mali et Niger) afin de faciliter son exécution sur le terrain, compte tenu de la dispersion et de la diversité des ouvrages à réaliser et surtout pour tenir compte des exigences des bailleurs de fonds. Plusieurs phases sont intervenues dont la première, exécutée de 1987 à1991 et qui a concerné les trois pays membres de l’ALG ; une deuxième à partir de 1992 qui a concerné le Burkina Faso et le Niger et une troisième phase à partir de 2004 suivie d’une phase d’extension à partir de 2011 et qui, elles, n’ont concerné que le Burkina Faso.

Le programme accuse un retard au niveau du Mali et du Niger.

Le coût total des différentes phases du Programme est évalué à plus de 37 milliards de FCFA dans les trois pays membres. L’ensemble du Programme a donné des résultats appréciables au niveau des trois pays à savoir : 19 barrages (9 barrages neufs et 10 réhabilités), 900 ha de terre aménagés, 925 puits et forages réalisés, 21 mini adductions d’eau potable réalisées, 14 mares aménagées et 3 pistes aménagées (37km, 40km et 6km)

Au Burkina Faso, le projet d’aménagements hydro-agricoles dans la région du Liptako-Gourma phase III Extension (AHA-ALG III E) fait partie du Programme initié par l’ALG et décrit ci haut. Il est financé à hauteur de 7 milliards 500 millions par la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) et mis en œuvre par le Gouvernement du Faso à travers le Ministère de l’Eau et de l’Assainissement (MEA), Ministère de tutelle technique. (Voir ci-contre la fiche synthétique du projet)

Organisation générale de la mission…

L’arrivée il y’a un an et quelques huit mois de M. Saidou OUA à la tête de l’ALG, marque un grand tournant dans la vie de l’organisation et ses méthodes de travail et de gestion. Il n’y’a plus de place à l’improvisation ni à l’amateurisme. Bannie également la manière cavalière dont les projets et programmes sont conçus et administrés jusqu’à une date récente, avec la complicité de quelques uns, au grand dam des intérêts de l’Organisation et de sa crédibilité.

Sa démarche, à lui, Monsieur Saidou OUA, est simple et vertueuse : faire en sorte que chaque projet donne les résultats escomptés, car il s’agit de l’argent des contribuables burkinabé, maliens ou nigériens. Les ressources difficilement mobilisées par les gouvernements respectifs de ces pays et qui nécessitent par conséquent d’être bien gérées afin de tirer le meilleur profit de l’investissement réalisé. C’est dire que la réussite des projets et programmes constitue un impératif à ses yeux. Lire la suite...