7ème Réunion du Comité Technique de Coordination de la lutte Antiacridienne

  Une vue des participants de la 7ème Reunion du Comité Technique

Pour une mutualisation des moyens d’intervention des Etats membres

Le Comité Technique de Coordination de la Lutte Antiacridienne (CTCLAA) dans les Etats membres de l’Autorité de développement intégré de la Région du Liptako-Gourma (ALG) a tenu sa 7ème réunion du 05 au 07 septembre 2016, à Bamako, en République du Mali, dans la salle de conférences de la Direction des Finances et du Matériel du Ministère de l’Agriculture.

Cette rencontre  s’est déroulée à la Direction des Finances et de Matériels (DFM) du Ministère de l’Agriculture, sous la présidence du ministre malien des Mines, le Professeur Tiémoko Sangaré, en présence effective de Monsieur Saidou OUA, Directeur général de l’Autorité de développement intégré (ALG), Monsieur Daniel Kelema, Secrétaire général du Ministère de l’Agriculture; Lassana Sylvestre Diarra, Directeur général de l’OPV, les représentants du Comité permanent Inter-états de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), les correspondants nationaux et de plusieurs experts des pays membres et de l’ALG.

La cérémonie d’ouverture a été ponctuée par le mot de bienvenue de Monsieur le Directeur Général de l’ALG et le discours d’ouverture du Ministre.

Dans son mot de bienvenue, le Directeur Général de l’ALG, Monsieur Saidou OUA, a tout d’abord  adressé ses remerciements aux plus hautes Autorités de la République du Mali, pour avoir bien voulu accepter d’abriter la présente réunion et, souhaité la bienvenue aux participants. Il a ensuite rappelé le contexte de création du CTCLAA et présenté les objectifs de sa 7ème réunion. Il a terminé son propos en relevant quelques préoccupations majeures liées à la coopération transfrontalière en matière de protection des végétaux et de mutualisation des moyens d’intervention des Etats.

Quant au Ministre des Mines, Ministre de tutelle de l’ALG pour la République du Mali, il a souhaité également la bienvenue à toutes les délégations en terre malienne. Il a rappelé, dans son discours d’ouverture, les missions de l’ALG et les principaux chantiers engagés, notamment la réforme de l’institution qui devrait permettre à celle-ci d’étendre ses prestations à l’ensemble des territoires des trois pays.

Relevant les différents fléaux que subit le secteur rural en particulier, le Ministre a exhorté les participants à s’investir pour proposer aux décideurs, des actions communes de lutte. Il a terminé son propos en souhaitant plein succès aux travaux.

Cette rencontre, précise le directeur, est un cadre d’échanges, de partage d’informations et de concertation entre les acteurs de la protection des végétaux, afin de réfléchir sur les voies et moyens pour améliorer la production et la productivité agricole et pastorale dans la région du LIPTAKO-GOURMA, à travers l’opérationnalisation du système de veille et d’alerte rapide pour la prévention des attaques des nuisibles des cultures.
En effet, le Comité technique de coordination de la lutte antiacridienne (CTLAA) a été créé par une décision n°05/013/PCM/ALG du 30 décembre 2005 pour répondre aux fléaux naturels qui ont des effets néfastes sur la production agricole et le pâturage, constituant ainsi une menace sérieuse pour les moyens d’existence de nos laborieuses populations.
Par ailleurs, il faut noter que ce comité, qui se réunit au besoin deux fois par an, est animé par l’Autorité de développement intégré de la région du LIPTAKO-GOURMA (ALG), en relation avec les ministères concernés des Etats membres et les correspondants nationaux de l’ALG.
Il a pour mandat de définir un système de suivi-évaluation, de veiller à la cohérence entre les différents programmes nationaux, de faire des propositions en vue de l’amélioration des programmes nationaux, de veiller à la consolidation des données de suivi environnemental, de définir et mettre en œuvre un système adéquat d’échanges d’expériences et de partages d’informations en collaboration avec les partenaires techniques et financiers et de faire des suggestions pour développer le partenariat.
Les travaux se sont déroulés en séance plénière selon l’ordre du jour et le programme de travail amendé et adopté.

Ainsi, l’état de mise en œuvre des recommandations issues de la dernière réunion du CTCLAA tenue du 2 au 4 juillet 2014 à Ouagadougou a été présenté par l’ALG. Sur les huit (8) recommandations formulées, cinq (5) ont été mises en œuvre, deux (2) sont en cours et une (1) non exécutée.

Les échanges qui ont suivi cette présentation, ont relevé que des informations fournies par les Etats, n’ont pas été suffisamment prises en compte dans le rapport. De même, quelques insuffisances ont été constatées dans l’imputation de certaines recommandations.

Le second sujet à l’ordre du jour de cette rencontre relative aux grandes orientations en matière de protection des végétaux a été faite par Dr Sylvain OUEDRAOGO de l’Institut du Sahel (INSAH), Secrétaire permanent du Comité Sahélien des Pesticides.
On peut retenir de sa présentation que les principaux référentiels existants en matière de protection des végétaux sont :

•    au niveau international : la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), les conventions de Bâle, Stockholm et de Rotterdam ;
•    au niveau régional : le Conseil Phytosanitaire Interafricain de l’Union Africaine (CPI/UA) ;
•    au niveau communautaire : la Règlementation phytosanitaire du CILSS, le Règlement n°007/2007/CM/UEMOA de l’UEMOA et le Règlement c/reg.21/11/10 de la CEDEAO.

En matière de gestion des pesticides, la CEDEAO, l’UEMOA et le CILSS ont adopté des textes portant homologation des pesticides et harmonisation des règles y afférentes.

Les échanges ont porté sur les instances et les procédures d’homologation des pesticides et les difficultés  d’harmonisation des règlementations au niveau régional et communautaire ; l’état d’avancement de l’adoption de la règlementation de l’UEMOA sur la protection phytosanitaire ; les structures compétentes dans le domaine de la santé et de l’environnement ; la gestion des emballages vides et des pesticides obsolètes.

Les participants ont, à ce propos, relevé une faible appropriation de la règlementation par les acteurs et formulé deux (2) recommandations pour favoriser une meilleure connaissance de ces instruments.

Concernant le Bilan de la campagne 2015-2016, chaque Etat a présenté le bilan de sa campagne. Il en ressort que la situation phytosanitaire a été relativement calme sur l’ensemble des territoires avec toutefois, quelques attaques d’insectes (sauteriaux, insectes floricoles, chenilles), de maladies et d’oiseaux granivores. Des opérations de lutte ont été engagées au niveau des trois pays :

En ce qui concerne le Criquet pèlerin, la situation a été globalement calme. Les opérations de surveillance menées ont couvert 35 528 ha au Niger.

Les présentations ont également porté sur les moyens dont disposent les Etats en termes de personnel, d’équipements, de pesticides et de moyens logistiques.

Dans les trois pays, des actions de renforcement de capacités d’intervention ont été menées (formation à l’attention des agents, des producteurs, les élus locaux, acquisitions d’équipements, de pesticides et de moyens logistiques), ainsi que des actions de contrôle phytosanitaire. En dépit de ces efforts déployés par les Etats, la réunion a relevé que ces moyens demeurent insuffisants.

Une telle rencontre ne peut se tenir sans que ne soit mentionné ni discuté le programme de la campagne 2016-2017 et son état de mise en œuvre.

Les Etats ont chacun présenté son programme d’activités et son niveau de mise en œuvre en fin août 2016. En outre, des formations sur des thèmes spécifiques ont été dispensées et des acquisitions d’équipements, de pesticides et des moyens logistiques ont été réalisées.

Un moment fort des discussions a concerné l’examen de l’état d’avancement de l’élaboration du 2èmeprojet de protection des végétaux et des denrées stockées dans la Région du Liptako-Gourma

Au regard de l’importance de ce projet, les participants ont proposés des actions pour une nouvelle feuille de route. Après différents échanges de points de vue sur le financement de certaines activités de la feuille de route, notamment les missions de suivi-supervision et l’évaluation finale du projet, les participants ont décidé du report de ces activités en 2017 en invitant l’ALG à les inscrire à son projet de budget 2017.

L’examen du canevas de collecte d’informations en vue de l’élaboration du bulletin phytosanitaire de la Région du Liptako-Gourma et l’adoption de l’ordre du jour de la 8èmeréunion ordinaire ont constitué les derniers sujets de discussion abordés au cours de cette rencontre.

A la fin de leurs travaux, les participants ont formulé des recommandations et adressé une motion de remerciement au Gouvernement de la République du Mali pour toutes les commodités mises à leur disposition.